Logo
Machiavelli
Association Culturelle Franco-Italienne
Vers le site en français Vers le site en italien

Culture italienne

Cinéma

Kim ROSSI STUART

Kim Rossi Stuart


BIOGRAPHIES   

Cliquer sur la flêche pour accéder à la rubrique           Vers les biographies

FILMOGRAPHIE  

Cliquer sur la flêche pour accéder à la rubrique           Vers la filmographie

FILMS                  

Cliquer sur la flêche pour accéder à la rubrique           Vers les Films


BIOGRAPHIES



Fils de l'acteur Giacomo Rossi Stuart, Kim Rossi Stuart débute à seulement cinq ans sur grand écran dans 'La Grande Bourgeoise' de Mauro Bolognini. Après une brève apparition dans le chef-d'oeuvre de Jean-Jacques Annaud, 'Le Nom de la rose', il obtient le rôle principal d'Anthony Scott dans le film d'arts martiaux 'Il Ragazzo dal kimono d'oro' en 1987. Après en avoir tourné la suite l'année suivante, il rejoint le casting de la production télévisée fantastique 'Fantaghiro' aux côtés d'une autre débutante, Alessandra Martines. En 1995, le réalisateur Michelangelo Antonioni l'engage pour jouer dans l'une des quatre histoires d'amour de son 'Par-delà les nuages'. Il personnifie ensuite l'un des personnages les plus célèbres de la littérature française, le Julien Sorel de Stendhal dans 'Le Rouge et le noir' aux côtés de Carole Bouquet en Louise de Rénal. La consécration arrive pourtant en 2004 avec 'Les Clefs de la maison', sur le sujet délicat du handicap, et il obtient une nomination aux David di Donatello pour sa composition. Il se joint à la fine fleur du cinéma italien dans le polar événement de 2006 réalisé par Michele Placido, 'Romanzo criminale', où il incarne Il Freddo, un des leaders de la Banda della Magliana, l'une des plus puissantes organisations criminelles romaines sévissant durant les années de plomb. Kim Rossi Stuart a écrit et réalisé un premier film, 'Libero', présenté en 2006 à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes.


L'Italien au sang froid

Kim Rossi Stuart joue avec maestria le truand glaçant ou l'homme blessé.

Avec son mètre quatre-vingt-huit (il a toujours une tête de plus que tous ses partenaires) et ses yeux bleu d'acier, Kim Rossi Stuart (quel nom!) n'a pas vraiment le look italien. On le verrait bien marcher dans le désert californien, l'oeil rivé sur la ligne d'horizon, tel Clint Eastwood dans Le Bon, la Brute et le Truand, de Sergio Leone. Sauf que lui, ce serait plutôt « il Freddo » (le froid), surnom qu'il se choisit dans Romanzo criminale, grande fresque criminelle sur les années de plomb à Rome. Kim Rossi Stuart y est un truand impavide, justicier glaçant qui venge ses amis sans état d'âme. Aucune hystérie latine dans le personnage, juste une fureur rentrée qui éclate de temps en temps. Quand il joue un père de famille dépassé dans Libero, le beau film qu'il a réalisé, Kim ne déroge pas à son personnage d'homme blessé, mais autoritaire. Surprotecteur avec son fils, il l'expose pourtant à des excès de violence sauvage, l'obligeant maladroitement à regarder en face le monde malsain des adultes. On est bien loin de son rôle de play-boy romantique de Par-delà les nuages... dans lequel il faisait penser à d'autres acteurs d'Antonioni : David Hemmings (Blow-up) ou Mark Frechette (Zabriskie Point), pour ne citer qu'eux. Ce côté anglo-saxon, il le tient de son père, Giacomo Rossi Stuart, second couteau dans des films d'horreur, des péplums et... des westerns-spaghettis ! Le fils, Kim (prénommé ainsi en hommage à Kipling), prend son temps et ne veut pas se disperser. Il joue sur les planches Othello, Hamlet, King Lear. Et ce n'est qu'à 34 ans qu'il se fait vraiment remarquer au cinéma avec Les Clés de la maison, de Gianni Amelio (2003). On l'attend prochainement dans le rôle du jazzman schizophrène Luce Flores (Il piano, solo, de Riccardo Milani, adapté du livre de Walter Veltroni, maire de Rome). Depuis Libero on cite, en parlant de lui, Pialat et Truffant. Chi va piano va sono...
ANNE DESSUANT Télérama


FILMOGRAPHIE

Accès au film "LIBERO"2006 : Libero (Anche libero va bene)



FILMS


Cliquer sur la flèche pour le retour au nom du réalisateur        





Libero  (Anche libero va bene)

2006 – 1h 48’


Libero


Film de Kim Rossi Stuart

Scénario : Kim Rossi Stuart, Linda Ferri, Francesco Giammusso, Federico Starnone
Image : Stefano Falivene
Montage : Marco Spoletini
Musique : Banda Osiris
Costumes : Sonu Mishra
Decors : Stefano Giambanco

Alessandro Morace (Tommi)
Marta Nobili (Viola)
Kim Rossi Stuart (Renato)
Barbora Bobulova (Stefania )
Tommaso Ragno
Alberto Mangiante
Pietro De Silva


Tommy, 11 ans, sa grande soeur Viola et leur père Renato forment une famille étrangement unie depuis que la femme la plus importante de leur vie, mère des deux enfants et épouse de Renato, les a abandonnés. Cette famille pleine de rage et d'imperfections, d'une inconsolable solitude, tient debout malgré tout grâce au souci constant de chacun pour les autres, et à leur amour.

GENRE: HOMME À 11 ANS.
Pas encore adolescent mais plus tout à fait enfant, Tommi, 11 ans, se trouve à un âge charnière. Passage délicat que ses escapades sur les arêtes des toits traduisent bien. Là, il souffle, échappe au quotidien pesant, à sa sœur collante et à son père intraitable, interprété par le réalisateur lui-même. Kim Rossi Stuart est cet acteur à la beauté marmoréenne qui nous avait surtout marqués dans Romanzo criminale. A 36 ans, il signe ce premier film cruel et sensible, entre Les 400 Coups, de Truffant, et L'Enfance nue, de Pialat. Nul personnage que l'on puisse ici résumer en un mot. Le père est responsable, mais un brin caractériel. La mère, volage, à moitié folle, mais tendre aussi, est partie on ne sait où. Un jour, elle revient, timidement. L'équilibre retrouvé est précaire, une tension s'installe, lisible surtout sur le visage de Tommi, souvent silencieux, un peu apeuré, comme au bord des larmes. Mais pleurer lui est en quelque sorte refusé. Cela ne plairait pas à son père, Renato, qui le contraint à être toujours fort, y compris dans le sport. Ce n'est pas l'amour qui manque ici, mais la manière de le transmettre, de le canaliser. Dans cette famille désaccordée, chacun exprime son amour de manière confuse, impudique ou envahissante, sans forcément respecter l'intimité de l'autre. Par petites touches - le père qui repasse les fesses à l'air, ou confronte son fils à ses déboires professionnels -, Kim Rossi Stuart montre finement le caractère un peu malsain de cette famille très repliée sur elle-même, au sein de laquelle Tommi tente de surnager en petit homme non pas maltraité, mais menacé et dangereusement exposé. .
JACQUES MORICE télérama.


Image du film "Libero (Anche libero va bene)"     Image du film "Libero (Anche libero va bene)"

Image du film "Libero (Anche libero va bene)"                   Image du film "Libero (Anche libero va bene)"

Image du film "Libero (Anche libero va bene)"    Image du film "Libero (Anche libero va bene)"

Image du film "Libero (Anche libero va bene)"                        Image du film "Libero (Anche libero va bene)"



C’est un événement qui arrive si peu souvent qu’il faut en parler haut et fort : à l’heure où nombre de comédiens se prennent de passion plus ou moins tardive pour la mise en scène, sans trop savoir le plus souvent où ils mettent les pieds (voir à ce propos le deuxième film de Guillaume Canet, Ne le dis à personne, sorti la semaine dernière), une expérience réussie de « premier film d’acteur » redonne espoir en la capacité à passer du devant à l’arrière de la caméra. Comédien peu connu en France, Kim Rossi Stuart - qui s’est récemment illustré dans le film de Michele Placido, Romanzo Criminale - signe une chronique familiale à la fois austère et tendre, empreinte de références tout en restant profondément contemporaine. Libero a été ovationné à Cannes : une fois n’est pas coutume, voici un film qui le méritait.
Contrairement à de nombreux films italiens sortis ces derniers temps (Buongiorno notte, Romanzo criminale, Le Caïman, etc), Libero n’est pas un film « engagé ». Kim Rossi Stuart n’a que faire des histoires de mafia, des années de plomb ou de Berlusconi. Pour autant, Libero n’est pas non plus une comédie dramatique à la Gabriele Muccino (Juste un baiser, Souviens-toi de moi), où les familles et les couples se déchirent pour le simple plaisir de brailler pendant une heure et demie. Bien sûr, Libero raconte une histoire de famille en crise, parce que, dans le contexte de l’Italie contemporaine, pays si riche et pourtant si pauvre, la cellule familiale tant vantée par le Vatican a du mal à résister aux soubresauts de l’économie, aux difficultés du quotidien.
Mais Libero n’est pas non plus un film social, où le cinéaste s’appesantirait des heures durant sur la froideur de la ville et de la vie de ses habitants. Si Kim Rossi Stuart s’intéresse aux pauvres plutôt qu’aux riches, c’est sans doute tout simplement parce qu’il y a plus trouvé matière à en faire un film émouvant. Le cœur de Libero est tout entier dans ce mot : l’émotion. Pas une émotion forcée, manipulatrice, sentimentaliste. Une émotion rentrée, qui s’impose d’elle-même, par le biais d’un contraste entre petites scènes très courtes et « scènes clefs » plus longues : des tranches de vie quotidienne ou plans a priori inutiles scénaristiquement - mais d’une grande beauté formelle - conjugués à des séquences extrêmement fortes, brutales, hachées, comme une gifle que l’on n’attendait pas.
Pour jouer au maximum de ce contraste, Kim Rossi Stuart s’est totalement concentré sur l’histoire de la famille : le père, cameraman au chômage, les deux enfants (la fille aînée, Tommi le cadet) et la mère, dont l’absence ne s’exprime pas en paroles, mais se ressent au quotidien. Bien que l’action se déroule dans différents décors - l’école, l’appartement, la piscine, etc -, reste une sensation très profonde d’enfermement. La caméra tourne autour de ces trois personnages, le père et ses enfants, forcés de se montrer solidaires, se fermant progressivement au monde dans leur tentative de reconstruire une cellule familiale. L’apparition de la mère, comme un fantôme, vient à peine bouleverser la situation. Tout est déjà joué dans les premières minutes de Libero : les quelques instants passés dans la vie de cette famille ne sont pas très différents de ceux qu’elle a pu vivre dans le passé et qu’elle vivra dans l’avenir. Peut-être auront-ils simplement appris à accepter peu à peu la situation ou à faire un peu plus de concessions, comme le père qui accepte enfin la passion de son fils pour le football... Mais n’est-ce pas le lot de toutes les familles ? Ce que montre Kim Rossi Stuart tire sa force de sa simplicité : la banalité du quotidien, partagé entre douceur, amour, frustrations et éclats de voix. Un monde où l’on est toujours au bord du gouffre - comme Tommi lorsqu’il marche sur la gouttière du toit de sa maison - mais sans qu’il soit possible de réellement tomber.
Libero, enfin, c’est aussi et surtout l’histoire d’un petit garçon, Tommi, à qui l’on a demandé de grandir trop vite, sans l’affection d’une mère, avec un père plein de bonnes attentions mais malhabile car forcé d’endosser le rôle de l’homme abandonné et trahi. Mutique, fasciné par le danger - et sans doute par la mort -, Tommi montre une incroyable et malsaine maturité, comme lors du retour de la mère, où, à son père qui lui demande s’il désire qu’elle reste avec eux, Tommi répond que, quoi qu’il dise, elle finira par repartir. Kim Rossi Stuart s’est à l’évidence particulièrement attaché à ce tout jeune garçon, à peine adolescent, à qui l’on parle comme un adulte. Il filme son regard perdu, ses tentatives malaisées et presque inutiles d’intégrer le monde des enfants, mais également toutes ces petites joies et ces grandes tristesses qui font de lui un enfant malgré tout : son rêve de skier, sa fascination pour le football, ses larmes lorsqu’il lit la lettre de sa mère... Le regard porté sur Tommi est à l’image du film : plein d’humour et de douceur, mais aussi d’une triste nostalgie et d’une grande pudeur.
On dira peut-être qu’il y a un peu du Nanni Moretti de La Chambre du fils dans Libero. Mais aussi un peu du De Sica de Sciuscià ou du Valerio Zurlini de Journal intime. Kim Rossi Stuart évoque sans citer, travaille ses influences contemporaines ou plus anciennes sans les voler, et signe finalement une œuvre très personnelle, dont on espère qu’elle sera la première d’une longue carrière.
Ophélie Wiel - Critikart

Image du film "Libero (Anche libero va bene)"     Image du film "Libero (Anche libero va bene)"     Image du film "Libero (Anche libero va bene)"     Image du film "Libero (Anche libero va bene)"


3 RAISONS DE VOIR CE FILM
Superbe premier film par l’acteur / réalisateur Kim Rossi Stuart, le beau gosse de Romanzo Criminale.
Quelque part entre Truffaut (L'Argent de poche) et Pialat (L'enfance nue) !!!
Le premier film de Kim Rossi Stuart est un film profondément « jeune » dans le sens où il propose un regard complexe sur le monde des adultes, vu par un enfant singulièrement mature.

Cliquez sur la flèche pour le retour à la Filmographie